flag

Création 2012 – 2014

Si je suis distinct des autres, c’est par mon corps. Ce qui fait que je suis moi, semble-t-il, c’est que j’ai mon propre corps et que je ne peux le partager. Sur cette évidence repose en grande partie l’idée occidentale d’un “individu”, d’un sujet indépendant qui se déterminerait seul. Pourtant le corps n’est jamais conçu comme une entité fermée, un organisme auto achevé. Il est constitué selon un contexte, une relation. Il est l’objet d’une fabrication sociale réalisée en établissant une relation avec un environnement, avec “quelqu’un” d’autre. Dans FLAG, chacun des interprètes a choisi d’adopter une discipline – hip-hop, BMX, Art du déplacement- de réinventer une forme de travail, un mode de vie et d’expression. Ces performers ont ainsi remodelé, façonné leur corps et leur identité. Comment ces corps “musculaires” sont transformés à la faveur d’un travail sur l’organicité ? Comment ces corps “triomphants” cèdent place aux corps faillibles, sensibles, fragiles ? Chacune de ces rencontres pose la question du langage : Woo Jae Lee (hip-hop) ne parle ni le français, ni l’anglais. Vincent Warin (BMX) et Tony Thich (Art du déplacement) manient un vocabulaire qui m’est étranger. Ces rencontres nous invitent à déplacer nos frontières intimes, à nous rendre différents et nous différencier. C’est de cette friction que naissent les partitions croisées, fruits de nos univers et langages respectifs.» L’urbanisation, la privatisation, la mondialisation, transforment les usages des espaces publics et les uniformisent. Ces territoires qui sont autant de “chez soi” entremêlent le personnel et le collectif, le privé et le public. La danse en paysage urbain répond à un besoin de liberté et l’extérieur oblige à transcender ses propres limites qu’elles soient dans la relation aux spectateurs, au sol, avec la météo ou les bruits environnants…