flagrant délire

Création 2014

Inscrit comme le deuxième acte de ce triptyque, ce solo aborde les questionnements chers à la démarche du chorégraphe : la construction de l’identité par le territoire. Ici, Tony Thich replonge dans la genèse de sa pratique. Il partage en direct ses doutes et ses convictions, ses élans fulgurants et ses réserves intimes. Il évolue dans un espace scénographique aux multiples dimensions. Cette scénographie, qui nous rappelle aux textures urbaines (plexiglas et métal), offre non seulement un terrain d’expression aux déplacements vertigineux de l’interprète, mais révèle aussi les enjeux qu’il traverse. Emporté par la musique de Vivaldi, il récidive à l’envie sa partition initiale sur une version toute en finesse et en énergie du passage presto de l’Eté des Quatre Saisons
par Il Giardino Armonico. Ses reprises nous rappellent l’exigence de cette pratique qui allie préparation mentale et inlassable travail de répétition. Cette partition solo, telle qu’il la traverse, est une évocation du mythe d’Icare. Il défie la gravité, pourtant, chacune de ses échappées le ramène au sol et à ce poids qui l’attache à terre.Tous ses gestes arrachés, ses questions suspendues, n’appellent aucune réponse et renforcent l’intensité du moment partagé. Il exprime bien plus qu’il ne signifie.