red circle

Création 2016 – 2017

avec le soutien de

12 interprètes s’engagent dans une trajectoire circulaire. Une transe, par laquelle ils tentent de trouver une issue aux contraintes du tangible. Dissociés de la foule, ils dessinent un cercle vide. Leurs trajectoires oscillent, entre harmonie et chaos, dans un rituel qui ne laisse rien au hasard. Les corps sont fugaces, précis, organiques. C’est un sacre, un hymne. Ensemble, ils construisent un espace : des motifs éphémères, des danses de pulsions, d’impulsions. Chacun des gestes s’inscrit dans un même souffle, incessant et libre. Si l’espace reste inchangé, la somme des traces de leur passage a forgé un air palpable. De ces mouvements naissent des danses par lesquelles s’échappent ces femmes et ces hommes, emportant les spectateurs dans leur sillon.” Fruit d’une forte symbolique, le cercle est de toutes les cultures et exerce un réel pouvoir de fascination sur l’imagination humaine. Infini, éternité, protection et perfection, il évoque tout à la fois l’enfermement, le huis clos, le déséquilibre, l’instabilité… Il devient un vecteur par lequel l’Homme dépasse sa condition, le cadre spatiotemporel qui le définit, pour aller vers la dimension divine. Le cercle nous projette entre captivité et délivrance. Figure de l’arrêt, il trace un “en dedans” et un “en dehors”, un mouvement sans fin sinon celui de l’épuisement ou de l’élévation. Les symboles, écrivait Bachelard, “ne doivent pas être jugés du point de vue de la forme… mais de leur force.” Red Circle est une pièce construite par strates. Elle n’a pas de sens préalable. C’est dans la durée et la continuité qu’elle s’éprouve et finit par murmurer l’indicible. Elle ne signifie pas, elle se signe et se signifie d’elle-même. “L’art ne donne pas une reproduction visible mais il rend visible.” Paul Klee Interroger les notions de territoire et d’identité, la croisée des langages et la friction des vocabulaires, questionne les espaces mêmes de créations et de représentations. La Cie Yann Lheureux arpente ainsi scènes et théâtres, festivals de rue et lieux atypiques, improbables. Depuis La légende des lieux (1998), aux créations J’embrasse pas (2007 – présentée lors du festival In de Chalon en 2010), Instinct (2012), FLAG (2012-2014) et The Rare Birds (2015-2017), c’est physiquement que nous rencontrons l’espace urbain. Prévue en France en juillet 2017, Red Circle met en scène exaltation collective, inscription territoriale et mouvement de foule.