Yann Lheureux

Chorégraphe

La démarche artistique de la Compagnie

Nouveau cycle de création 2017 – 2019

C’est pour porter des projets chorégraphiques au-devant des publics, où qu’ils se trouvent et dans leur plus grande diversité, que Yann Lheureux imprègne sa Compagnie de son écriture chorégraphique ; une écriture marquée par l’itinérance.

Tantôt sédentaire, tantôt nomade, Yann Lheureux est en quête : celle d’identité, des identités, entre l’ici et l’ailleurs. C’est en ce sens qu’il aura marqué sa Compagnie d’une empreinte si reconnaissable, faite d’expérience, de recherche, d’entrecroisement, de défis, de rencontres, de questions, pour décloisonner, pour dépasser les frontières.

L’homme et la Compagnie s’immergent, défendent une idée, un regard, un point de vue de la création chorégraphique et de la danse au-delà de ses espaces et des publics consacrés. La compagnie Yann Lheureux tombe les murs : elle se déploie.

Entre éphémère et tangible, ancrage et voyage, animé par ces dualités et paradoxes, Yann Lheureux crée, fait voler en éclats les codes établis afin de s’affranchir des contraintes et défendre une forme de liberté : sa liberté.

Electron libre, Yann Lheureux débarque, embarque, pose ses valises le temps d’une création, d’un festival, au contact des espaces, des territoires, des architectures, des partenaires artistiques et des spectateurs.

De manière itérative et intemporelle, à l’instar d’une photographie, il inscrit, signe, signifie l’éphémère dans un répertoire nourri et varié.

Les quelques mois passés fin 2016 à Séoul m’ont permis d’interroger avec plus de distance la démarche artistique de la Cie et son fonctionnement.

A mon retour en France, j’ai décidé d’alimenter différemment le projet artistique de la Cie.

Après avoir interrogé et exploré les notions de territoires et d’identité, je m’engage à présent sur la question des mémoires : Mémoire-corps, Mémoire-identité, Mémoire-territoire.

Il me semble évident de le faire à partir de recherches sur  Alzheimer, une maladie dont souffre ma maman depuis quelques années, une pathologie qui me touche intimement, affectivement en tant que fils et qui m’interroge en tant qu’artiste sur ce monde : leur monde.

Si cette maladie est bien souvent désignée par les pertes qu’elle occasionne (pertes de la mémoire, d’autonomie, d’orientation…), elle  interroge quant aux multiples « apparitions » qu’elle génère. Les personnes atteintes d’Alzheimer se découvrent autrement et proposent une autre lecture du monde qui les entoure, de la relation à soi, à l’autre.

Un nouveau cycle de créations s’ouvre donc à nous !

Je commence à rencontrer différentes personnalités qui travaillent au cœur même de cette maladie et des problématiques qu’elle engendre : chercheurs neuroscientifiques, gériatres, France Alzheimer, soignés, soignants, professionnels en EHPAD…

Ces étapes de recherche, de laboratoires, égrenées de rencontres avec ces milieux divers donneront lieu à deux pièces à venir : « Les Oubliés » (quartet), en 2018 et « Ici soit-il » (solo que j’interprèterai), courant 2019.

C’est toute la Compagnie que j’engage dans ce nouveau processus qui concerne la mémoire et l’oubli. En ce sens, nous allons nous défaire, nous « dessaisir » de ce qui constitue en grande part la mémoire de la Cie, notamment en quittant le quartier Rondelet et l’Atelier que nous occupions depuis 2003. Nous entamons avec enthousiasme pour les deux années à venir, une nouvelle collaboration avec la maison d’enfants l’Enclos St François, où nous serons en résidence ces prochaines années.

Questionner notre relation aux territoires, entre l’ici et l’ailleurs, nous amène résolument à remettre en jeu  notre implantation locale, pour réinventer, ensemble, une forme nouvelle d’inscription sur notre territoire : en déambulation, selon ce magnifique proverbe Kazac « Là où est mon feu est ma demeure ».

C’est une manière d’arpenter la ville en modifiant les lieux de résidence et les « types » de lieux d’accueil. Cela nous permet de se confronter à d’autres réalités, notamment celles des jeunes adultes pour lesquels la question de la mémoire et de l’oubli est également déterminante.

Cette résidence à l’Enclos Saint-François s’inscrit dans l’origine de ce lieu, selon la conception de son initiateur l’abbé Prévost : créer les conditions de la rencontre entre étudiants, résidents et personnels avec des artistes, opérer un rapprochement entre  éducation et Art.

C’est en échos avec ces questions de l’oubli et des mémoires que je souhaite travailler à rapprocher ces générations en un nouveau projet au cœur du territoire. De nouvelles interactions qui j’en suis sûr seront fertiles tant du point de vue humain, qu’artistique.

Pour découvrir ces nouvelles créations : cliquez ici.

Yann Lheureux

Yann Lheureux débute sa carrière de danseur en 1986 en créant des spectacles de rue de danse hip-hop. Il obtient en 1987 et 1988, le 1er prix international solo (Turin et Béthune) lors des Rencontres Chorégraphiques de la Fédération Française de Danse. De 1990 à 1994, il travaille dans les Compagnies Didier Théron, Philippe Saire et Hervé Diasnas…
Il créée en 1994 la Compagnie Yann Lheureux qui investit en juin 2003 l’Atelier : un lieu de création, de diffusion, de recherche et d’enseignement. Cette implantation amorce la structuration de la Cie, ainsi que le questionnement artistique de Yann Lheureux concernant les croisements d’écritures et les liens entre identité et territoire. Thématiques qui seront dès lors déclinées dans toutes ses créations.
Figure de l’improvisation, il enseigne en direction de nombreux publics et collabore lors de performances avec Emmanuel Grivet, Vera Mantero, Eric Languet, Julyen Hamilton, Barre Philips, Mark Thompkins, Mathilde Monnier…
Formateur diplômé en Body Mind Centering (Amberst / USA), Yann Lheureux intervient également dans différents projets pédagogiques : stages AFDAS, entraînement des danseurs pour des Centres chorégraphiques nationaux, enseignements à l’étranger (Etats-Unis, Tunisie, Corée du Sud…).
Yann Lheureux a créé de nombreuses pièces chorégraphiques tant pour les théâtres que les espaces urbains, en France comme à l’étranger. Ses questionnements le conduisent à s’associer à des artistes d’expressions et d’horizons divers, à aborder en profondeur l’exploration de soi et le rapport à l’autre, ainsi qu’à mettre en débat le rapport entre art et société. Artiste aujourd’hui reconnu au-delà des frontières de l’hexagone, il éprouve, création après création, la problématique de l’ici et de l’ailleurs.

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